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Gestion du parasitisme

Les parasites sont des êtres vivants (animaux ou végétaux) se développant aux dépens d’un autre être vivant, appelé l’hôte. Les parasites ont une importance médicale, une importance économique, et parfois même une importance en santé publique. Certains parasites peuvent avoir des conséquences graves pour la santé, voire causer la mort des animaux infestés.  Les parasites agissent par diverses actions pathogènes : actions mécaniques, spoliatrices, irritantes et antigéniques. Ils représentent un élément étranger pour l’hôte qui tente alors de s’en débarrasser, souvent sans succès. Afin de gérer au mieux ce risque au sein de votre élevage, il est primordial d’identifier les parasites présents, ainsi que le niveau d’atteinte de vos animaux, via des méthodes diagnostic simples.

Parlez-en à votre vétérinaire. Au regard des résultats de ces examens, vous pourrez ainsi élaborer ensemble le plan de gestion adapté à votre problématique personnelle et limiter les impacts de ces parasites : pertes de production (lait et viande), coût des traitements...

Parasites externes

  • Mouches

De par sa fréquence et son impact sur la productivité des animaux, la mouche est de loin, le parasite externe gênant chez les bovins.

  Accédez à l'animation sur la lutte contre les mouches

mouches_bovins_virbacfr.jpgSon pouvoir de nuisance est important à deux niveaux :

-  Le harcèlement du bétail

Le harcèlement du bétail contraint l’animal à mettre en place des méthodes d’évitement, propices à faire chuter sa production : un animal harcelé limite sa prise alimentaire/ d’eau afin de limiter le contact avec les mouches friandes de ses productions de salive, d’où une chute de lait et/ou de GMQ. De plus, la présence globale de mouches en grande quantité au sein d’un troupeau augmente la tension globale entre les animaux et leur nervosité. Cet agacement est particulièrement visible en salle de traite, avec un travail également plus difficile pour le trayeur.

La mouche est vectrice de maladies 

De par son mode d’alimentation (par piqûre ou par léchage), la mouche peut transmettre d’un animal à l’autre nombre de pathogènes potentiels (bactéries, virus…). Parmi ces derniers figurent d’importants agents de mammites, de kératites (affections de l’œil)…
Très prolifique, ce diptère (insecte possédant une paire d’ailes) vit aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des bâtiments. Il demande seulement à disposer d’une température comprise entre 10°C et 42°C, ce qui est aisé à trouver sous nos latitudes (concentration autour des animaux en hiver), ainsi que de déchets organiques (lait, déjections, ensilage…) très présents en élevage. La lutte contre ces parasites doit donc être précoce et intégrer les particularités de chaque élevage afin d’être pleinement efficace.

En savoir plus sur les autres parasites : poux, tiques et gales

Parasites internes

Les parasites internes sont responsables d’une atteinte de la productivité animale réelle : GMQ diminué, dégradation qualitative et quantitative de la production laitière, colostrum altéré, moindre efficacité des vaccinations… Il est donc important de définir des rendez-vous précis avec votre vétérinaire afin de définir les méthodes adaptées au contexte de votre élevage.

Maladies parasitaires dues aux vers ronds (némathelminthes)

Chez les bovins, ces vers ronds sont majoritairement représentés par les strongles digestifs (Ostertagia, Haemonchus, Cooperia, Nematodirus, Oesophagostomum), pulmonaires (Dictyocaulus) et les ascaris (Toxocara).

Vidéo sur la bronchite vermineuse

La plupart d’entre eux sont ingérés au cours du pâturage sous forme de larves. Une fois dans l’organisme de son hôte, ces derniers vont continuer leur évolution et devenir adulte au sein même des organes de l’animal parasité.

Au bout de quelques jours à quelques semaines, les parasites adultes vont alors être capables de relarguer plusieurs milliers d’éléments infestants (œufs ou larves) dans le milieu extérieur, autant de risque de contaminations futures.

En cas d’infestations importantes, les bovins vont alors  présenter des signes cliniques liés aux lésions et troubles fonctionnels entraînés par les parasites (pneumonies, chutes de production, amaigrissement…).

Dispositifs généraux de lutte

Une immunité à construire :

L’immunité développée par les animaux permet de baisser notablement les signes cliniques et la dissémination des parasites au sein de la pâture. Toutefois elle ne suffit pas totalement à l’hôte (le bovin) à éliminer ses parasites.

Lors de ses premiers contacts avec les parasites, le jeune bovin « naïf » est un véritable multiplicateur de parasites. Au fur et à mesure de leur mise en contact, le système immunitaire du bovin entraîne progressivement la mise en place de phénomènes internes limitant le potentiel de reproduction du parasite. Ainsi, seul 1% des larves ingérées par un bovin adulte se fixent et se multiplient, pour 70% chez un jeune bovin naïf. Il est donc important de développer au plus tôt l’immunité de vos bovins. Cette dernière n’étant pas définitive, on veillera à l’entretenir régulièrement par une mise en contact maîtrisée avec des parasites.

Si l’immunité permet de protéger le troupeau de l’expression clinique de certains parasites (strongles digestifs principalement), ce n’est pas le cas pour tous : strongles pulmonaires, douves…

Vidéo sur le développement de l'immunité

Traitements :

Utilisation d’anthelmintiques à action immédiate, ou rémanente, à libération continue ou périodique (diffuseurs intra-ruminaux ou bolus), en fonction des risques identifiés, des  classes d’âge, saisons et types de production. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Gestion des pâtures :

Afin de limiter les risques de recontamination excessive au sein des mêmes pâtures, on pourra réaliser une rotation des animaux, appelée également pâturage tournant. Cette technique s’appuie sur le principe simple que tout parasite ne peut survivre que peu de temps sans la présence de son hôte. Au bout de quelques jours à quelques semaines, selon l’espèce parasitaire et les conditions climatiques, le parasite perd son pouvoir infestant. On visera donc à espacer le contact entre les parasites infestants présents sur la pâture, et les bovins suffisamment longtemps. Une rotation de pâtures d’au moins 6-8 semaines sur 2 parcelles permet une réduction de 50% de la charge parasitaire. Une rotation de 3-4 semaines sur 3 parcelles entraîne elle une diminution de cette charge.

A noter que cette stratégie n’est efficace qu’en cas de séparation réelle entre animaux et parasites : agrandir progressivement la zone pâturée sans repositionner la clôture derrière les animaux (pâturage dit « au fil ») ne revêt aucun intérêt dans le cadre de la lutte contre les parasites internes. En effet, dans ce cas les animaux sont toujours en contact des parasites pondus en début de saison et vont donc se réinfester très rapidement.

Vidéo sur le pâturage tournant

Maladies parasitaires dues aux vers plats (plathelminthes)

Chez les bovins, ces derniers sont principalement représentés par les Douves (Fasciolose), Paramphistomes (Paramphistomose) et Ténias (Cysticercose).

  • Fasciolose

Chez les bovins, l’infestation par la grande douve (Fasciola hepatica) est très courante et se produit principalement en fin d’été et en automne. Le cycle du parasite incluant un hôte intermédiaire (Lymnea truncatula) inféodé au milieu aquatique, la contamination des bovins sera favorisée par la présence de lieux humides et marécageux : sources, mares, étangs, rigoles, ruisseaux…

Une fois ingérées par le bovin, les formes infestantes vont, après une migration au sein du péritoine, rejoindre le foie et ses canaux  et y devenir adultes. Cette localisation, en plus des lésions et dysfonctionnements hépatiques entraînés, va également permettre à la douve de se nourrir du sang de son hôte (spoliation hématophage). Chez les bovins, on observe très rarement des cas cliniques, mais les atteintes sont bien réelles : retards de croissance, anémie, maigreur, infertilités, baisse du taux protéique du lait, insuffisance, hépatique…

Dispositifs généraux de lutte

Traitement :

Après identification du risque (inspection des foies à l’abattoir, examens sérologiques sanguins ou sur lait de tank). Le vétérinaire prescrira un douvicide à plus ou moins large spectre selon l’effet recherché.

Gestion des pâtures :

On veillera principalement à identifier et neutraliser les « loges à limnées » qui sont en fait tous les espaces humides permettant à ce gastérophile de se multiplier.

  • Paramphistomose

Environ 20% des bovins abritent dans leurs pré-estomacs, ces « douves de l’estomac » devenant progressivement plus fréquentes que la grande douve du foie.

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Longtemps sous-estimé, le pouvoir pathogène des paramphistomes est bien réel : diarrhée liquide brun verdâtre (jeunes bovins à l’automne), signes de coliques semblables à des douleurs de type corps étrangers. Le cycle de ce parasite est très proche de celui de la douve, puisqu’il nécessite également l’intervention d’une limnée pour son développement. Après ingestion par le bovin, les formes infestantes vont progressivement se transformer et passer de manière rétrograde de la caillette ou de l’intestin grêle aux pré-estomacs (rumen et réseau) pour y devenir adultes. Ces derniers en provoquant des douleurs abdominales vont réduire l’appétit des bovins et leur capacité à ruminer.

Dispositifs généraux de lutte

Traitement :

La plupart des produits utilisés préconisés comme fasciolicides ne détruisent pas les paramphistomes. A l’heure actuelle, il n’existe pas de spécialités ayant une AMM spécifique dirigée contre les paramphistomes. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Gestion des pâtures :

Identique à la gestion de la grande douve.

  • Cysticercose musculaire 

Cette maladie est due à une infestation par la larve de Taenia saginataténia vivant au stade adulte dans l’intestin grêle de l’homme. La contamination se réalise au pâturage par ingestion des œufs de ce ténia présents sur l’herbe. Ces derniers auront été excrétés précédemment par un homme sous forme d’anneaux de ténias. Au cours de sa migration, le parasite va se localiser dans les muscles avec certains sites de prédilection : muscles masticateurs de la langue, paroi musculeuse de l’œsophage, diaphragme et myocarde.

Si elle n’entraîne pas de pathologie chez les bovins, cette parasitose a en revanche toutefois un impact fort sur le résultat économique de l’exploitation car elle entraîne une saisie totale de la carcasse car cette dernière présente un risque pour la consommation humaine.

Dispositifs généraux de lutte

Traitement :

Aucun autorisé.

Prévention :

Supprimer au maximum l’infestation humaine et assurer un suivi précis des carcasses en abattoirs.

La plupart d’entre eux sont ingérés au cours du pâturage sous forme de larves. Une fois dans l’organisme de son hôte, ces derniers vont continuer leur évolution et devenir adulte au sein même des organes de l’animal parasité.

Au bout de quelques jours à quelques semaines, les parasites adultes vont alors être capables de relarguer plusieurs milliers d’éléments infestants (œufs ou larves) dans le milieu extérieur, autant de risque de contaminations futures.

En cas d’infestations importantes, les bovins vont alors  présenter des signes cliniques liés aux lésions et troubles fonctionnels entraînés par les parasites (pneumonies, chutes de production, amaigrissement…).

Dispositifs généraux de lutte

Une immunité à construire :

L’immunité développée par les animaux permet de baisser notablement les signes cliniques et la dissémination des parasites au sein de la pâture. Toutefois elle ne suffit pas totalement à l’hôte (le bovin) à éliminer ses parasites.

Lors de ses premiers contacts avec les parasites, le jeune bovin « naïf » est un véritable multiplicateur de parasites. Au fur et à mesure de leur mise en contact, le système immunitaire du bovin entraîne progressivement la mise en place de phénomènes internes limitant le potentiel de reproduction du parasite. Ainsi, seul 1% des larves ingérées par un bovin adulte se fixent et se multiplient, pour 70% chez un jeune bovin naïf. Il est donc important de développer au plus tôt l’immunité de vos bovins. Cette dernière n’étant pas définitive, on veillera à l’entretenir régulièrement par une mise en contact maîtrisée avec des parasites.

Si l’immunité permet de protéger le troupeau de l’expression clinique de certains parasites (strongles digestifs principalement), ce n’est pas le cas pour tous : strongles pulmonaires, douves…

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