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Gestion de la douleur

chevaux2.jpgDe par sa nature d’animal « proie » au sein de la chaîne alimentaire, l’espèce équine possède un système d’expression de la douleur particulièrement frustre. Ce caractère adaptatif permet à l’état sauvage de ne pas se surexposer aux prédateurs en révélant un éventuel état de faiblesse.

Cette caractéristique est même poussée à l’extrême dans l’espèce asine où l’on évoquera même une résilience (stoïcisme), avec une douleur totalement muette dans son expression. Si ces éléments sont utiles à l’espèce pour garantir sa survie dans la nature, ils peuvent représenter une réelle difficulté pour les cavaliers,  propriétaires et tout intervenant du milieu équin, pour qui il est primordial de détecter au plus tôt toute dégradation de l’état de leur cheval

Parmi ces signes d’alerte, on veillera à relever avec soin, tout changement de comportement d’un animal donné (rejet des interactions avec l’homme ou ses congénères, tri dans la ration…), toute modification du faciès (regard fixe, naseaux dilatés, oreilles couchées…), tout phénomène de couchage/roulade prolongés. Une simple modification du port/des mouvements de queue peut être la signature d’un phénomène douloureux en développement, de la même façon de simples baillements, peuvent être le signe avant-coureur du développement d’ulcères gastriques.

En cas de doute, on pourra poursuivre son examen par l’évaluation de paramètres physiques quantifiables révélateurs de certaines modifications végétatives imputable à la présence de douleur : fréquence cardiaque altérée, sudation, tachypnée (respiration accélérée et superficielle), modification de la prise alimentaire…

Des conséquences importantes

Si dans un premier temps, la douleur est un formidable signal d’alerte, permettant à l'organisme de réagir de manière adéquate à une agression (physique, chimique ou infectieuse). Il ne faut pas pour autant la laisser perdurer de manière excessive au risque de devenir un élément aggravant du dommage originel. En plus de l’altération évidente des résultats sportifs de l’animal, les conséquences d’une douleur non-gérée peuvent être multiples :

  • infectieuses : l’augmentation du cortisol circulant associée au stress de manière prolongée peut entraîner une baisse d’efficacité du système immunitaire et donc faciliter l’apparition de pathologies
  • gastro-intestinales : l’anorexie et toute modification de la prise d’eau peut entraîner un iléus, des ulcérations et donc l’apparition de coliques
  • métaboliques :  la hausse du catabolisme protéique associée à un dysfonctionnement gastro-intestinal et une anorexie plus ou moins importante, vont entraîner de manière inéluctable un retard de cicatrisation
  • cardiovasculaires : le maintien d’une fréquence cardiaque anormalement élevée, associée à une vasoconstriction, peuvent aboutir à l’apparition d’arythmies cardiaques et à de l’hypertension artérielle
  • respiratoires : la présence d’une fréquence respiratoire élevée associée à des mouvements respiratoires réduits en amplitude, peuvent conduire au développement de pathologies pulmonaires par rétention des sécrétions et hypoxémie

Afin de limiter ces risques, il convient donc d’adopter au plus tôt la stratégie adéquate afin de limiter toute douleur.

Une prise en charge multimodale 

Après l’évaluation complète par un vétérinaire de l’état de l’animal, il sera alors opportun de mettre en place la stratégie adaptée au niveau de douleur identifié. La première des solutions et la plus efficace étant dans un premier temps de supprimer (lorsque cela est possible) purement et simplement l’origine de la douleur : aménagement du box, mise au repos, modification de la sellerie ou de l’enrênnement…

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En termes de gestion médicamenteuse, il sera fréquent de faire appel à des agents anti-inflammatoires qu’ils soient stéroidiens, on parle alors de glucocorticoïdes (GC), ou non stéroïdiens, on parle alors de la famille des AINS. L’utilisation de l’une ou l’autre des molécules de ces deux familles devra s’effectuer en fonction des propriétés attendues, car si toutes sont analgésiques, certaines seulement sont anti-thrombotiques, antipyrétiques… De plus, il ne faut pas négliger le temps d’élimination de ces molécules lorsque ces dernières sont prescrites à des animaux sportifs, il est possible pour certaines d’être retrouvées lors d’analyses plusieurs mois après administration. Il n’est donc pas anodin de choisir l’une ou l’autre d’entre-elles et il est à proscrire de conseiller à un tiers l’usage d’un produit qui vous a été personnellement prescrit.

Etre attentif à la douleur de vos équidés est essentiel, adopter la solution adaptée également : demandez toujours conseil à votre professionnel de santé, car soulager ne suffit pas, sans diagnostic vous risquez de faire le lit d’une pathologie beaucoup plus grave que le signal original.

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